![]() Après Chamakh et Gourcuff, Wendel pourrait également quitter le navire girondin. (Reuters) |
Bordeaux, la fin des jours heureux?25/08/2010 à 08h40 - Transfert |
Les étés en Gironde se suivent mais ne se ressemblent pas. Radieux en 2008-2009 et sans remous majeurs la saison suivante avec la conservation de ses cadres, le ciel bleu du château du Haillan a laissé place à une véritable tempête. Aux mauvais résultats sportifs - 6e de Ligue 1 l'an passé et non-qualifié pour l'Europe, début de saison en demi-teinte - s'y est ajouté une crise du vestiaire avec comme point d'orgue le départ de Yoann Gourcuff vers l'Olympique Lyonnais pour 22,5 millions d'euros. Et d'autres pourraient suivre le chemin tracé par le Breton...
Jean Tigana n'est pas au bout de ses peines. L'entraîneur girondin pensait avoir relancé la machine bordelaise après le court mais précieux succès du club au scapulaire en terre parisienne (1-2), grâce à un "coup de casque" bien senti de Michaël Ciani sur un centre de... Yoann Gourcuff. Mais ce dernier, sur le banc de touche du Parc des Princes au début de la rencontre, a remis en cause les plans de Tigana, son transfert imprévu pour l'OL ayant eu l'effet d'une bombe sur toute la Gironde, voire la France entière...
Le départ du duo Gourcuff-Chamakh, la fin d'une époque?
Les supporters bordelais se sont en effet réveillés mardi matin avec la gueule de bois, en apprenant la signature du Breton à l'Olympique Lyonnais pour la "modique somme" de 22,5 millions d'euros sans les bonus. Ce départ, entériné depuis dimanche, est lourd de sens sportivement. En l'espace d'un été, deux éléments clés - Chamakh ayant rejoint Arsenal à la fin mai - ont quitté l'effectif girondin sans être, pour l'instant, remplacés qualitativement. Un transfert qui ne gêne pourtant pas outre-mesure le président bordelais, Jean-Louis Triaud: "Nous l'avions dit en début de saison, nous n'avions aucun mal à assumer notre effectif et une saison sans coupe d'Europe. Mais on ne retient pas contre son gré un joueur comme lui. Avec la garantie de réaliser une bonne opération financière, nous avons accepté de le transférer."
Problème: d'autres joueurs auraient également des velléités de départ et Bordeaux pourrait voir un pillage sans précédent de son groupe professionnel. Si Alou Diarra, harcelé par l'OM durant l'été, est finalement resté pour une saison supplémentaire, Wendel a clairement déclaré qu'il avait envie de "connaître autre chose, d'aller voir ailleurs". D'autres éléments comme Fernando Cavenaghi ou David Bellion - non retenus dans le groupe des 19 pour affronter Paris - sont en pourparlers avec d'autres formations. Benoît Trémoulinas, qui avait confié à nos confrères de So Foot le 15 juillet dernier être "dans la réflexion" quant à son avenir, pourrait se laisser tenter par une nouvelle aventure. Cette subite volonté de quitter le navire girondin marque en tout cas la fin d'une époque, où le Bordeaux de Blanc version grand cru a laissé place au Bordeaux "millésime Tigana", qui tarde à trouvé toute sa saveur.
L'Europe, objectif encore possible?
Mais avec l'afflux massif d'argent généré par la cession de Gourcuff, l'ancien technicien de Fulham va pouvoir bâtir une équipe à son image et solder "l'ère Blanc". Aussi, Jean-Louis Triaud a annoncé que des mouvements allaient s'opérer d'ici le 31 août: "Dans tous les cas, c'est l'entraîneur qui définira ses besoins. (...) Pour remplacer Yoann, on regarde les solutions, mais pas forcément poste pour poste et pas à n'importe quel prix." Pour l'heure, quelques noms ont été évoqués ci et là, comme ceux du Lillois Yohan Cabaye ou du Bourguignon Ireneusz Jelen. Mais Jean-Louis Triaud a tenu à fermement démentir ses informations. Après la signature de Savic et de Modeste, les Girondins de Bordeaux vont devoir activer leurs pistes au plus vite, sous peine de se retrouver le 31 août minuit sans joueur majeur. Triaud, confiant, a par ailleurs indiqué qu'il n'y avait pas le feu au Haillan, centre d'entraînement du club au scapulaire, rappelant que "Pauleta avait signé le dernier jour à minuit".
Toutefois, la perte de deux joueurs cadres plus celles plus que probables de Cavenaghi et Bellion amènent à se poser des questions quant aux réelles ambitions des Bordelais cette saison. Le champion de France 2009 garde cependant la foi comme l'indique l'actionnaire majoritaire des Girondins, Nicolas de Tavernost, dans une interview accordée au quotidien Le Parisien: "Je le confirme, les Girondins veulent disposer d'une équipe de niveau Ligue des champions. Je rappelle que cela n'a pas fonctionné en fin de saison dernière malgré la présence de Blanc, Gourcuff ou Chamakh." Bordeaux espère à présent que l'été meurtrier ne se transforme en saison cauchemar...



